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mirabelle-cerisier - Page 9

  • Gosses de Tokyo

     Un jeu muet de ressemblances

     

    GOSSES DE TOKYO (OTONA NO MIRU EHON. UMARETE WA MITA KEREDO, 1932) – Yasujiro Ozu

     

    Gosses de Tokyo est le spectre muet d'Ohayo (Bonjour). Mais il est aussi le prolongement de deux autres oeuvres de la période muette d'Ozu, Choeur de Tokyo et Une Auberge à Tokyo. Le film fait parti de cet ensemble de films dédié au thème de l'enfant japonais, guidé par un langage enfantin et ludique, bercé par une certaine innocence grave au gré des petites péripéties quotidiennes à autour de trois pommes. Plus exactement, il encapsule totalement la vision d'un cinéma muet porté par sa capacité à cristalliser le « livre d'images » (ehon) de l'enfance.

     

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  • Bilan 2015

    2015, une année asiatique

     

    Viennent le mois de janvier, et le temps de retour aux découvertes asiatiques de l'année. Sur l'autre blog a déjà été publié un compte-rendu plus général, comportant le traditionnel top de l'année. L'Asie n'y a pas été en reste, puisque s'y est imposé en chef de file un film chinois, ainsi qu'un documentaire du même continent, et enfin une création d'animation japonaise.

    Cependant, cette année fut faible sur la production cinématographique asiatique, car éminemment frustrante. Son apparus dans leur clarté les difficultés de distribution ou d'apparition de nouveaux auteurs, ou d'une production à l'écart de celle qui s'est imposée il y a quelques années, sur les écrans français.

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  • Timeless Bottomless Bad Movie

    Séoul Teenage Apocalypse

     

    TIMELESS BOTTOMLESS BAD MOVIE (1997) – Jang Sun-woo

     

    Toi qui t’apprêtes à regarder Timeless Bottomless Bad Movie, abandonnes tout espoir.

    C’est ce que semble vouloir signifier dès le générique cet objet étrange proclamant « Scénario : pas écrit » « Musique : pas définitive » « Direction artistique : non existante » par cet anti-générique discréditant tout le monde, l’objet filmique et surtout le réalisateur Jang Sun-woo, et qui annonce la couleur.

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  • Festival du Film Coréen à Paris 2015

    3 Films au Festival du Film Coréen à Paris

     

    Pourquoi diable le FFCP, après tout de même dix années d'existence, une équipe rodée, une programmation parvenant à faire venir des cinéastes imposants dans l'industrie, la location d'une grande salle à l'emplacement stratégique sur les Champs-Elysées – reste-t-il autant affublé de défauts techniques ? Si l'on pardonne parfois à la fragilité d'un festival, souvent difficile à mettre en place, exigeant du temps dans sa création, sa programmation et sa promotion, il demeure difficile de ne pas se crisper face au grand problème posé par le sous-titrage cette année. Ce problème existait déjà trois ans auparavant, lorsque le festival encore jeune évoluait dans le petit Saint André des Arts. A l'époque, les nombreux problèmes techniques étaient pardonnables et participaient même à une ambiance assumant son statut précaire et bricolé.

    Mais, des années après, assister aux mêmes écueils dans un contexte plus confortable s'avéra agaçant. Subir des sous-titres de toute petite taille – un comble pour une projection sur de très larges écrans – accablés de fautes de frappe mais aussi parfois abondant en nombreux contresens et fautes d'orthographe rendait les projections fort désagréables.

    Il n'est certes guère agréable de débuter ce billet sur cette touche négative, mais ces défauts demeuraient d'autant plus regrettables que les films découverts cette année étaient réellement intrigants, voire de très bonne qualité.

     

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  • Larmes dans le cinéma coréen II

     LARMES DANS LE CINEMA COREEN II

     

    A propos de deux films de Lee Chang-dong,

    GREEN FISH (1997) et OASIS (2002)

     

    Très peu a été écrit en France sur Lee Chang-dong. Pourtant, beaucoup de textes, de paroles et de critiques semblent lui accorder le statut d'incontournable dans le cinéma coréen actuel. Autant son cinéma fait office de poids lourd, aux qualités indéniablement avouées, autant il échappe souvent aux réflexions et aux échanges, car paradoxalement porté par une certaine préciosité. L'arrivée tardive de l'écrivain au cinéma, sa filmographie restreinte, la rareté de ses entretiens, travaillent un certain mystère de l'homme qui livre peu sur la préparation de ses films. La rencontre directe avec le cinéaste en juin dernier, durant la projection de Poetry pour l'exposition de « La Délirante » à Paris, confirma ce secret : Lee Chang-dong présenta de manière concise son film, drapé dans sa veste élégante, sage silhouette remerciant timidement les spectateurs après la projection.

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  • Larmes dans le cinéma coréen I

    LARMES DANS LE CINEMA COREEN I

    « VOIR UN FILM 17 FOIS ET PLEURER 15 FOIS », conférence d'Adrien Gombeaud sur le mélodrame coréen

    I CAME FROM BUSAN, de Jeon Soo-il, projeté dans le cadre de la Carte Blanche données au directeur du festival de Pusan

     

    Hasard du calendrier, le dernier film de Jeon Soo-il répondait étonnamment à la conférence d'Adrien Gombeaud, délivrée la veille au Forum des Images. Tandis que celle-ci s'emparait du mélodrame coréen, en particulier de son âge d'or sur la période des années 1950 à 1970, I Came From Busan prolongeait certaines caractéristiques relevées par le critique. Mais le film de Soo-il devenait aussi révélateur d'un autre paysage, celui de l'actuelle production sud-coréenne et de son complexe héritage des formes du passé.

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  • Pakeezah

    La courtisane amoureuse

     

    PAKEEZAH (1972) – Kamal Amrohi

    Film découvert dans le cadre du cycle « Les Femmes à l'écran » organisé par Contre-Courants, le 10 octobre 2015 au Reflet Médicis

    Pour sa toute première séance de ciné-club, l'association Contre-courants, qui assure la diffusion de films d'Asie du Sud, nous proposait un véritable classique du cinéma indien. Pakeezah est un film essentiel dans la tradition du « film de courtisanes », genre dont les principales caractéristiques peuvent se retrouver dans le film bollywoodien contemporain. Pour accompagner ce très beau mélodrame chanté et dansé de Kamal Amrohi, la présentation du film par l'équipe de Contre-courants fut fort appréciable et instructive.

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  • Spectaculaire chez Bong Joon-ho II

    Retour sur THE HOST (GWOEMUL)

    Un film réalisé par Bong Joon-ho en 2005

     

    Projeté au Cycle Séoul Hypnotique au Forum des Images.

    En revoyant The Host, six ans après sa première découverte sur un petit lecteur DVD du salon familial, se dessine l'évidence que le film de Bong Joon-ho demeure l'un des meilleurs films d'action du nouveau millénaire.

    Le monstre a regagné sa légitimité depuis quelques années dans le cinéma, avec les récents Cloverfield (Matt Reeves, 2008), Godzilla (Gareth Edwards, 2014) ou Jurassic World (Colin Trevorrow, 2015). Par légitimité, j'entends son inscription dans un cadre réaliste, et la mise en rapport du monstre avec des structures socio-historiques bien précises, en construisant l'image d'une lourde menace. Est-ce à dire que The Host amorce ce retour à une représentation terrifiante, qui se fonde à la fois sur une totale virtualité et le gain de détails réalistes, du monstre de cinéma ?

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  • Spectaculaire chez Bong Joon-ho I

    DIALOGUE AUTOUR DE

    SNOWPIERCER, LE TRANSPERCENEIGE

    Un film réalisé par Bong Joon-ho en 2013


    La cinéphilie se partage parfois en famille. Depuis notre découverte de Memories of Murder, puis de The Host sur un petit écran familial, ma sœur, mon frère et moi-même sommes devenus instantanément fans de Bong Joon-ho, et de son acteur fétiche Song Kang-ho, et dont les films furent une brèche à la découverte de Park Chan-wook, Kim Jee-woon ou encore Lee Chang-dong. C'est ainsi avec une grande impatience et une excitation d'enfant que mon frère et moi sommes allés découvrir ensemble Snowpiercer, le dernier film de notre héros d'adolescence, lors de sa sortie en 2013. Nous en sommes sortis divisés et avions entrepris une critique dialoguée.

    Ce dialogue, jamais publié pour d'obscures raisons de perte de ses brouillons, est enfin déterré et publié à l'occasion de ce trimestre du cinéma coréen à l'oeuvre en France !

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  • The Satellite Girl and Milk Cow

    Séoul, ville des satellites et des vaches à lait

     

    THE SATELLITE GIRL AND MILK COW (WOORIBYEOL ILHOWA EOLRUKSO, 2014) – Hyung-yun Chang

     

    Film découvert au Cycle Séoul Hypnotique au Forum des Images et dans le cadre de la 14ème Fête du Cinéma d'animation

     

    Il y a toujours un plaisir à se rendre au Forum des Images, y compris pour y découvrir des films qui ne nous plaisent pas. L'audace des programmations du Forum est de miser sur la diversité, non seulement des publics et des genres, mais aussi des tons, loin de l'élitisme et plus proche du populaire. Je n'ai ainsi pas apprécié The Satellite Girl and The Milk Cow, choisi pour la première partie de soirée consacrée à l'animation sud-coréenne, mais j'en ai apprécié la découverte. Malgré sa fantaisie délurée et un scénario misant sur un absurde réjouissant de prime abord, le film demeure très vite lié par son animation – qui pour le coup ne lui permet pas de franchir les limites.

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