Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mirabelle-cerisier 金の桜 - Page 9

  • Notre Petite Soeur

    L'éternité et une plage

     

    NOTRE PETITE SŒUR (UMIMACHI DIARY) – Hirokazu Koreeda

     

    Avec Notre Petite sœur, Hirokazu Koreeda confirme le chemin, total, vers la lumière entrepris avec I Wish, nos vœux secrets, trois ans plus tôt. La noirceur de Nobody Knows s'est estompée, le regard cinglant et glaçant sur la famille ou la société de Still Walking et Air Doll s'est mué en une tendre observation des rites conviviaux et quotidiens.

    Lire la suite

  • Mountains May Depart

    Take Care

     

    AU-DELA DES MONTAGNES (SHAN HE GU REN) – Jia Zhangke

     

    En revoyant Au-delà des montagnes, que j'avais préalablement découvert à Cannes en mai, ce ne fut pas l'émotion de la première projection mais l'étrangeté du film de Jia Zhangke qui me frappa. Car là se tient un cinéma de l'au-delà, une proposition nouvelle, déstabilisante par son rythme, ses choix narratifs, posant des protagonistes aux choix déconcertants, se permettant d'audacieuses ellipses ou des résolutions atypiques. Le cinéma de la contemplation et du paysage de Zhangke subsiste mais est néanmoins soumis à une métamorphose. Sous nos yeux, les images s'inondent de la souplesse numérique, les couleurs se parent d'un autre étalonnage, celui d'un autre millénaire. C'est la mutation du cinéaste chinois, sa soudaine clairvoyance sur le monde qui empreint les chemins de ce mélodrame à six personnages, trois temps, deux chansons.

    Lire la suite

  • Le Garçon et la bête

    Bête de substitution

     

    LE GARÇON ET LA BETE (BAKEMONO NO KO) – Mamoru Hosoda

     

    Le Garçon et la Bête part malheureusement d'un handicap, celui-là même qui ternissait Ame et Yuki : l'évidente inspiration trouvée chez Ghibli pour les premiers pas de son récit, forçant le parallèle. L'idée première du nouveau film d'Hosoda renvoie directement au Voyage de Chihiro, par sa logique d'un jeune héros fragile propulsé dans un monde plus monstrueux, glissé en marge des ruelles sombres. Fort heureusement, la comparaison se limite rapidement à ces quelques motifs, puisque Le Garçon et la Bête rejoint une fantaisie burlesque plus proche de celle déployée sur Summer Wars. Le film, tout en peaufinant les thèmes et les jeux esthétiques chers à Hosoda, indique néanmoins une certaine vanité de son cinéma : la simplification extrême de son propos et de ses émotions dirige l'apparente ambition du projet vers un film d'animation finalement très limité.

     

    Lire la suite

  • Les Enfants de la mer

    Transformations dans le ventre de la baleine

     

    LES ENFANTS DE LA MER (KAIJÛ NO KODOMO, 2007) - Daisuke Igarashi

     

    Un manga publié aux éditions Sarbacane, 2007.

     

    Les mangas de Daisuke Igarashi sont des tout organiques, où coexistent l'infiniment grand et l'infiniment petits. Ses deux volumes d'Hanashippanashi (Patati, patata) proposaient ainsi de micro-récits fantastiques, saisissant les bestioles ombrageant les recoins de village ou les insidieuses aspérités nichés dans les pliures de ses personnages. Chez Igarashi, il est souvent question d'anormalités, d'anomalies, de ces « petits trucs » coincés dans les compositions de ses images. Ces microscopiques détails peuvent faire dérailler tout un plan et déclenchent souvent les explosions graphiques, les larges pages. Et pour ce manga, l'attachement aux destins de trois jeunes enfants au bord de l'adolescence donnent à ces pages leur raison d'être et d'émouvoir.

     

    Lire la suite

  • Gosses de Tokyo

     Un jeu muet de ressemblances

     

    GOSSES DE TOKYO (OTONA NO MIRU EHON. UMARETE WA MITA KEREDO, 1932) – Yasujiro Ozu

     

    Gosses de Tokyo est le spectre muet d'Ohayo (Bonjour). Mais il est aussi le prolongement de deux autres oeuvres de la période muette d'Ozu, Choeur de Tokyo et Une Auberge à Tokyo. Le film fait parti de cet ensemble de films dédié au thème de l'enfant japonais, guidé par un langage enfantin et ludique, bercé par une certaine innocence grave au gré des petites péripéties quotidiennes à autour de trois pommes. Plus exactement, il encapsule totalement la vision d'un cinéma muet porté par sa capacité à cristalliser le « livre d'images » (ehon) de l'enfance.

     

    Lire la suite

  • Bilan 2015

    2015, une année asiatique

     

    Viennent le mois de janvier, et le temps de retour aux découvertes asiatiques de l'année. Sur l'autre blog a déjà été publié un compte-rendu plus général, comportant le traditionnel top de l'année. L'Asie n'y a pas été en reste, puisque s'y est imposé en chef de file un film chinois, ainsi qu'un documentaire du même continent, et enfin une création d'animation japonaise.

    Cependant, cette année fut faible sur la production cinématographique asiatique, car éminemment frustrante. Son apparus dans leur clarté les difficultés de distribution ou d'apparition de nouveaux auteurs, ou d'une production à l'écart de celle qui s'est imposée il y a quelques années, sur les écrans français.

    Lire la suite

  • Timeless Bottomless Bad Movie

    Séoul Teenage Apocalypse

     

    TIMELESS BOTTOMLESS BAD MOVIE (1997) – Jang Sun-woo

     

    Toi qui t’apprêtes à regarder Timeless Bottomless Bad Movie, abandonnes tout espoir.

    C’est ce que semble vouloir signifier dès le générique cet objet étrange proclamant « Scénario : pas écrit » « Musique : pas définitive » « Direction artistique : non existante » par cet anti-générique discréditant tout le monde, l’objet filmique et surtout le réalisateur Jang Sun-woo, et qui annonce la couleur.

    Lire la suite

  • Festival du Film Coréen à Paris 2015

    3 Films au Festival du Film Coréen à Paris

     

    Pourquoi diable le FFCP, après tout de même dix années d'existence, une équipe rodée, une programmation parvenant à faire venir des cinéastes imposants dans l'industrie, la location d'une grande salle à l'emplacement stratégique sur les Champs-Elysées – reste-t-il autant affublé de défauts techniques ? Si l'on pardonne parfois à la fragilité d'un festival, souvent difficile à mettre en place, exigeant du temps dans sa création, sa programmation et sa promotion, il demeure difficile de ne pas se crisper face au grand problème posé par le sous-titrage cette année. Ce problème existait déjà trois ans auparavant, lorsque le festival encore jeune évoluait dans le petit Saint André des Arts. A l'époque, les nombreux problèmes techniques étaient pardonnables et participaient même à une ambiance assumant son statut précaire et bricolé.

    Mais, des années après, assister aux mêmes écueils dans un contexte plus confortable s'avéra agaçant. Subir des sous-titres de toute petite taille – un comble pour une projection sur de très larges écrans – accablés de fautes de frappe mais aussi parfois abondant en nombreux contresens et fautes d'orthographe rendait les projections fort désagréables.

    Il n'est certes guère agréable de débuter ce billet sur cette touche négative, mais ces défauts demeuraient d'autant plus regrettables que les films découverts cette année étaient réellement intrigants, voire de très bonne qualité.

     

    Lire la suite

  • Larmes dans le cinéma coréen II

     LARMES DANS LE CINEMA COREEN II

     

    A propos de deux films de Lee Chang-dong,

    GREEN FISH (1997) et OASIS (2002)

     

    Très peu a été écrit en France sur Lee Chang-dong. Pourtant, beaucoup de textes, de paroles et de critiques semblent lui accorder le statut d'incontournable dans le cinéma coréen actuel. Autant son cinéma fait office de poids lourd, aux qualités indéniablement avouées, autant il échappe souvent aux réflexions et aux échanges, car paradoxalement porté par une certaine préciosité. L'arrivée tardive de l'écrivain au cinéma, sa filmographie restreinte, la rareté de ses entretiens, travaillent un certain mystère de l'homme qui livre peu sur la préparation de ses films. La rencontre directe avec le cinéaste en juin dernier, durant la projection de Poetry pour l'exposition de « La Délirante » à Paris, confirma ce secret : Lee Chang-dong présenta de manière concise son film, drapé dans sa veste élégante, sage silhouette remerciant timidement les spectateurs après la projection.

    Lire la suite

  • Larmes dans le cinéma coréen I

    LARMES DANS LE CINEMA COREEN I

    « VOIR UN FILM 17 FOIS ET PLEURER 15 FOIS », conférence d'Adrien Gombeaud sur le mélodrame coréen

    I CAME FROM BUSAN, de Jeon Soo-il, projeté dans le cadre de la Carte Blanche données au directeur du festival de Pusan

     

    Hasard du calendrier, le dernier film de Jeon Soo-il répondait étonnamment à la conférence d'Adrien Gombeaud, délivrée la veille au Forum des Images. Tandis que celle-ci s'emparait du mélodrame coréen, en particulier de son âge d'or sur la période des années 1950 à 1970, I Came From Busan prolongeait certaines caractéristiques relevées par le critique. Mais le film de Soo-il devenait aussi révélateur d'un autre paysage, celui de l'actuelle production sud-coréenne et de son complexe héritage des formes du passé.

    Lire la suite