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  • Bunya Ningyo - spectacle de marionnettes japonaises

    BUNYA NINGYO

    Compagnie Saruhashi-za

     

    LA FEMME RENARDE (SHINODA-ZUMA), spectacle vu dans le cadre du Festival de l'Imaginaire

     

    Takeshi Nishihashi, maître marionnettiste
    Watanabe Hachitayû, récitant
    Yashima Hori, marionnettiste
    Yohachi Kaneko, marionnettiste
    Kihachi Sonobe, marionnettiste
    Hikohachi Yamaguchi, marionnettiste
    Yasato Hemmi, marionnettiste

     

    Dans le cadre du Festival de l'Imaginaire, le chapiteau du Cirque Romanès accueillait ce mois-ci les marionnettes de l'île de Sado. Les représentations étaient l'occasion de voir une pratique rare et singulière dans le monde du théâtre de marionnettes, car à mi-chemin entre le raffinement du bunraku et le populaire du guignol.

     

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  • Michiru Oshima

    MICHIRU OSHIMA

    Une réflexion sur la compositrice japonaise à travers les partitions écrites pour Zetsuen no Tempest et Nabari no Ou

    Talentueuse, mais néanmoins méconnue, compositrice dans le milieu de l'animation japonaise, Michiro Oshima porte un sens musical proche à la fois de Joe Hisaishi et de Yuki Kajiura. Son orchestration symphonique lorgnant vers des effets intimistes, capables de scander les scènes d'action animées les plus virevoltantes, fait ainsi songer au collaborateur fidèle de Miyazaki. En revanche, le sentimentalisme de certaines de ses pièces approche plus le lyrisme éclatant de la fondatrice du groupe FictionJunction.

     

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  • Exposition Nobuyoshi Araki au Musée Guimet

    EXPOSITION NOBUYOSHI ARAKI

     

    Du 13 avril au 5 septembre 2016

    au Musée des Arts Asiatiques Guimet

     

    L'exposition de Nobuyoshi Araki au Musée Guimet permet de redéfinir l'image d'un photographe à la réputation trop rapidement limitée à sa spécialité du bondage. Araki est en effet souvent associé à la photographie érotique, et pour avoir mis en valeur des modèles féminins dénudés à l'aide de cordes nouées. Cette exposition du Musée proposait un parcours thématique montrant les autres obsessions d'un artiste fascinant.

     

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  • Les Assassins de la 5ème B, un roman de Kanae Minato

    LES ASSASSINS DE LA 5ÈME B (KOKUHAKU) – Kanae Minato

     

    traduit du japonais par Jacques Lalloz

    éditions Philippe Picquier, 2015

     

    La désormais célèbre (et bouleversante) série de Kiyoshi Kurosawa s'inspirait d'un roman de Kanae Minato. Si Shokuzai n'est toujours pas disponible en français dans nos librairies, Les Assassins de la 5ème B l'est et témoigne d'un style sous-jacent à l'oeuvre de Kurosawa. La cruauté surgit de situations anodines et le drame qui éclate entraîne de lourds traumatismes chez les uns et les autres. En variant les points de vue autour d'un décès accidentel d'une petite fille dans une école, Kanae Minato construit une cinglante spirale de haine et de vengeance.

     

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  • Wet Moon, un manga de Atsushi Kaneko

    WET MOON – Atsushi Kaneko

    Editions Casterman, 2011

     

    Le style d'Atsushi Kaneko est d'une virtuosité surprenante, voire à des années-lumière de celui d'autres mangakas seinen (destinés aux adultes). Si je dois user d'un stéréotype pour qualifier la lecture, ce serait l'idée que le manga se dévore à toute vitesse. Car le style de Kaneko emporte en même temps qu'il sidère à chaque page. Chaque composition, vertigineuse, riche de détails, appelle néanmoins à tourner la page grâce à son sens du suspense.

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  • Dernier Train sur Busan

    Quelques mots sur

    DERNIER TRAIN POUR BUSAN (BOO-SAN-HAENG) – Sang-ho Yeon

     

    Troisième d'une série de films coréens ayant déferlé sur nos écrans français cet été, Dernier Train pour Busan achève de confirmer la vitalité d'un nouveau cinéma sud-coréen situé entre les standards et la recherche d'originalité.

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  • Mother

    MOTHER (MADEO) - Bong Joon-ho, 2009

     

    Une critique de Big-Cow

     

    Le big brother Big-Cow est de nouveau invité sur ce blog pour une critique croisant le film de Bong Joon-ho avec un célèbre giallo de Dario Argento...

     

    Le hasard tient à peu de choses. Il y a deux semaines, je regarde Profondo Rosso de Dario Argento (Les frissons de l'angoisse en VF), avec David Hemmings. La semaine dernière, c'est Mother, l'un des seuls Bong Joon-Ho qu'il me restait à voir. Entre les deux, une relation évidente - et on va bien évidemment spoiler les deux films.

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  • Le Démon de l'île solitaire

    LE DEMON DE L'ÎLE SOLITAIRE (KOTÔ NO ONI) – Edogawa Ranpo

     

    éditions Wombat

    traduction par Miyako Slocombe

    parution de 2015 / parution originelle en 1930

     

    Le Démon de l'île solitaire déploie toute la quintessence du style d'Edogawa Ranpo, équivalent japonais d'Edgar Allan Poe ou de Théophile Gautier. Le fantastique et l'horreur accompagnent un récit raconté avec une paradoxale élégance, où apparaît un rapport troublant au corps déformé et à la monstruosité.

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  • The Strangers

    Le Diable, tout simplement

     

    THE STRANGERS (GOKSEONG) – Na Hong-jin

    Est-il possible d'évoquer la terreur au cinéma ? Le nouveau film de Na Hong-jin pourrait éveiller la peur, l'angoisse, le dégoût, par la myriade de genres qu'il embrasse. Pourtant, c'est bel et bien la sensation, rare, de terreur qui se construit au cours de cette complexe histoire surnaturelle.

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  • Les Sept Roses de Tokyo

    LES 7 ROSES DE TOKYO – Hisashi Inoue

     

    traduit du japonais par Jacques Lalloz

    éditions Philippe Picquier, 2011

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    Hisashi Inoue est un grand romancier japonais, à ne pas confondre avec son homonyme Yasushi Inoue. Les 7 sept Roses de Tokyo est sa première traduction en France. Bien qu'édité en 2011 par les éditions Picquier, le texte d'origine a été achevé en 1999, après 17 années d'écriture ! La forme du journal intime explique en partie cette durée, puisque le narrateur principal consigne scrupuleusement son quotidien sous la guerre de 39.

     

    Les 7 Roses de Tokyo est en cela un roman-fleuve, émaillé de longs descriptifs, de beaucoup de circonvolutions et réflexions de son narrateur. L'attention met du temps à se maintenir, car mise face à face avec le plus banal du quotidien. Son personnage principal, un Japonais d'une quarantaine d'années, marié et père de famille, fabricant d'éventails qui tient non seulement la description scrupuleuse de ses activités sous la guerre, mais aussi ses comptes personnels. D'emblée, ce faux journal inclut des détails très réalistes, puisque le personnage se pose des questions relatives aux finances de son ménage et entretient plusieurs petits trafics et travaux. S'il peine à vendre ses éventails au début du roman, ce père de famille passera par divers métiers par la suite, du transporteur momentané au calligraphe pour le poste de police. Ce souci de réalisme peut cependant paraître parfois trop scrupuleux, car des dizaines de pages sont parfois consacrées à des comptes ou le contenu de stocks de nourriture ou d'affaires. Cependant, Inoue révèle de-ci de-là des combines inattendues, ou le secret désir de la population pour de la viande ou du savon en bonne qualité.

     

    Au fil de la lecture, cette vie accordée au rythme des finances et des occupations du jour est peu à peu troublée par les événements de la guerre. Là est le plus grand tour de force d'Inoue, celui de projeter dans un point de vue interne très terre-à-terre, se devant de construire ses journées avec rationalité en dépit des bombardements, des décisions gouvernementales inattendues. Or, c'est précisément à partir du moment où ce courageux comportement est mis à rude épreuve que le roman se révèle particulièrement prenant, voire bouleversant. Lorsque le personnage, habitué aux alarmes des bombes, apprend que sa fille et son gendre se trouvait sur l'un des lieux visés par les avions américains, l'instant d'émotion est saisissant. Le protagoniste et sa petite histoire plonge soudain au cœur de la tragédie historique, telle une prise de conscience de la guerre en son sens concret de destruction de vies. Le style montre ainsi finement cette sensation complexe du quotidien sous la guerre, qui n'est fait ni de tragédie grandiloquente ou de violence visible à tous les niveaux : au contraire, les semaines passent en contenant les mêmes habitudes, les mêmes bavardages entre voisins, et les questions essentielles se posent sans plus de gravité (que manger ? Où trouver à manger ? Comment gagner de l'argent ?) ; et le drame de la période déferle de manière inattendue, frappant brièvement au cœur de la banalité.

     

    L'événement, qui arrive à mi-chemin du journal, amorce un changement dans la description quotidienne. En seconde partie du récit, Inoue livre en effet un passionnant témoignage sur une page méconnue de l'Occupation américaine. Face à un haut gradé des Etats-Unis, jeune intellectuel voulant oeuvrer pour le rétablissement du pays sous égide du pays Occidental, le narrateur doit affronter son projet de réforme de la langue japonaise. Celui-ci consiste à abandonner l'écriture des kanjis, pour la remplacer par des kanas simplifiés – notamment les katakanas, utilisée aujourd'hui pour écrire et prononcer des mots en grande partie d'origine anglaise. Dans le complexe échange entre celui qui veut sacrifier toute une partie de l'histoire linguistique et calligraphe du Japon, et celui qui, bien malgré lui, va devoir défendre la tradition, Inoue critique beaucoup la tentative de conquête du Japon par l'Occident. Et pose au-delà un regard sur les enjeux de conquête d'un pays.