Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mirabelle-cerisier

  • Bilan de l'année 2020

    LES ŒUVRES ASIATIQUES DE 2020

    Longs métrages, courts métrages et séries

    Pour cette année qui nous a chamboulés, qui a vu les salles se fermer et les écrans d'intérieur s'illuminer, pas de traditionnel top. Ni l'envie ni l'intérêt ne furent présents pour s'engager à comparer, classer, hiérarchiser. Les années précédentes, j'élaborais toujours mon top avec un grand plaisir, aimant replonger dans mes souvenirs des salles obscures et me remémorer les expériences cinématographiques. Cette fois-ci, l'ombre et les lumières n'ont pas dansé, les voisins de rangées ont été absents, et les réels souvenirs de cinéma n'existent que faiblement dans ma mémoire. Je ne voyais pas d'intérêt à raviver ces bribes qui me rendent amère plus qu'enthousiaste.

    Pourtant, je tenais à partager la découverte de certaines œuvres, la plupart vues en intérieur, dans un usuel bilan annuel. A la place du top figure donc un abécédaire de séries, films et courts-métrages asiatiques qui ont émerveillé le regard, fait crépiter le cerveau ou apporté un fin plaisir entre les instants difficiles.

    Une liste donc, dans l'ordre alphabétique et laissée au bon jugement de mes quelques lecteurs.

    Belle et heureuse année 2021 à toutes et à tous. Qu'elle nous permette de revenir en douceur vers nos habitudes cinéphiles et nous apporte émotion et réflexion.

    Lire la suite

  • La douceur de nos champs de bataille

    D'outre-tombe

    La douceur de nos champs de bataille / Where Reasons End (2019, tr. Clément Baude) Yiyun LI

    Un millier d'années de bonnes prières (A Thousand Years of Good Prayers, 2007) Wayne WANG

    Avec ce très bel essai, la romancière d'origine chinoise initie un dialogue avec son fils récemment décédé. Berçant le volume, les échanges doux-amers construits au fil des chapitres taisent l'audace dans cette communication d'outre-tombe. Le pont imaginaire dressé par l'écrivaine n'est pas là pour trouver une justification au geste de l'adolescent, qui s'est suicidé, mais bien plus pour faire persister son existence, ou du moins l'existence de sa mémoire.

    Lire la suite

  • Pink and Gray

    Jeux de rôles

     

    PINK AND GRAY (ピンクとグレー, 2015) – Isao YUKISADA

    Inédit en France, Pink and Gray adapte le roman éponyme de la pop idol Shigeaki Katô, qui s'inspire de l'univers médiatique dans lequel il évolue pour son histoire. Débutant de manière classique à la manière d'un seishun eiga (青春映画 - littéralement film sur la jeunesse, mais aussi film initiatique), le film suit l'évolution contrastée de deux amis d'enfance, de l'invisibilité vers la gloire. Le drame à l'ouverture – le suicide de la star Rengo, imposé sans ménagement à l'écran – cache bien plus que ces premiers éléments de scénario.

    Lire la suite

  • L'Infirmière

    Un puzzle de couleurs comme chez Mondrian

     

    L'INFIRMIERE (よこがお YOKOGAO) – Kôji FUKADA

    Au milieu du film, l'infirmière admire les Tournesols mourants de Mondrian au musée, puis discute de ce plaisir esthétique avec la cible de sa vengeance. Le mouvement de décrépitude, de fusion comme de renaissance compris dans ce premier tableau fait écho à l'itinéraire du personnage principal : une femme indépendante professionnellement et proche de l'accomplissement personnel, dont le destin est soudainement bouleversé par une rencontre infortunée (et aux conséquences mystérieuses).

    Lire la suite

  • 23 novembre 2019

    #NOUSTOUTES

    23 Novembre 2019

     

    N'étant pas en France, je ne peux que suivre de loin la marche #NousToutes qui aura lieu aujourd'hui dans mon pays d'origine. Mais évidemment je la soutiens et j'admire le travail de celles et ceux qui dénoncent les violences contre les femmes depuis tant d'années.

     

    Je ne peux parler au nom de tous les sujets mais je souhaite au moins me positionner par rapport à la cinéphilie, qui définit mon quotidien et mon travail. Maintes fois, dans des échanges sur des films, ce fameux « séparer l'homme de l'artiste » est tombé, véritable clôture imposant la fin de toute discussion. Je pense que même ceux usant de cette réplique ne se rendaient pas compte de la gravité de cet argument qui pardonne tout, conclut tout.

    Je ne sépare pas l'homme de l'artiste et j'ai décidé récemment que je ne verrai pas le film de Roman Polanski. Tout d'abord par respect et soutien aux victimes qui se manifestent dernièrement. Je pense que défendre le film et son réalisateur, de même que s'y intéresser excessivement en ce moment, ne peut que causer plus de souffrance.

    Ensuite parce que j'en ai assez de cette excuse. Un cinéphile n'est-il pas un être humain ? Aimer un film c'est confirmer sa sensibilité, sa capacité aux émotions, la présence de valeurs en nous ; ces éléments jaillissent face à un personnage, un plan, un décor, une coupe au montage, un effet sonore... et donnent peu à peu un sens à notre cinéphilie.

    Pourquoi donc valoriser l'émotion d'un film en regard de celle ressentie face à la société ? Nous ne serions capables d'humanité qu'en face du grand écran ? Ou alors les sentiments dans la salle n'auraient rien à voir avec ceux de l'extérieur ? Bien au contraire, le chemin du cinéphile, comme du passionné de musique ou de théâtre, existe parce qu'il croise celui, plus vaste, de notre personnalité entière. C'est cette circulation, entre les films, leur contenu et notre réalité, qui enrichissent le cinéphile que nous devenons.

    Dire qu'il faut séparer l'artiste de l'homme revient à nier cette circulation, à considérer la parfaite imperméabilité d'un métier ou d'une œuvre. A l'image du cinéphile, le cinéma est une entité complexe, le réceptacle de regards mêlés, de personnalités qui se sont croisées, d'idées qui se sont confrontées. Dans ce fameux argument réside la totale négation de cette dimension, et donc, des souffrances qui y peuvent y apparaître.

     

    Le récent retour sans appel des violences contre les femmes dans le cinéma (et ailleurs...) passe aussi par les spectateurs et les spectatrices, et notre propre remise en question, l'acceptation de cette porosité, et surtout du droit de suivre ses sentiments et de refuser de voir un film. Chacun peut décider des œuvres qu'il souhaite défendre, mais ne peut le faire sans être conscient des réalités qui enrobent la création d'une œuvre.

    Il n'y a pas de séparation entre les artistes et les hommes, il n'y a qu'une succession d'étapes et un glissement vers le résultat final sur écran. Il n'y a pas de séparation entre le cinéphile et l'humain, mais la complexe circulation de valeurs et d'émotions personnelles.

     

     

    A lire : l'article d'Iris Brey sur cette séparation « impossible » : https://www.mediapart.fr/journal/france/131119/polanski-l-impossible-separation-entre-l-homme-et-l-artiste

    L'enquête de Marine Turchi sur les violences sexistes dans le cinéma : https://www.mediapart.fr/journal/france/031119/dans-le-cinema-des-violences-sexuelles-systémiques

  • Katsuben !

    L'homme devant l'écran

     

    Katsuben ! (2019) / 周防正行 Masayuki Suo

    Projeté en avant-première au Kyoto Historica Film Festival, actuellement dans la programmation du Kinotayo Festival en France, Katsuben ! propose de revisiter l'histoire du film muet à travers la figure emblématique du benshi, mais aussi sous le ton dominant de la comédie. Cette association donne au film sa singularité et son dynamisme, mais n'échappe à quelques poncifs dominants dans le cinéma japonais commercial actuel.

    Lire la suite

  • Shinjitsu / La Vérité

    Sorcières de mère en fille

    真実 Shinjitsu, La Vérité (2019) / 是枝裕和 Hirokazu Koreeda

     

    En situant l'action de son nouveau film dans le pays du cinéma, Hirokazu Koreeda s'essaye pour la première fois à l'expérience internationale . La proposition faisait peur sur le papier, risque d'un énième rapport faussé à une culture incomprise, à une langue non maîtrisée. Pourtant, La Vérité trouve un équilibre par la justesse des interprétations comme l'entretien des valeurs usuelles et chères à son cinéma. Mais l'approche de la France témoigne aussi des limites dans la construction d'un film dans le film sans grande personnalité.

    Lire la suite

  • Asako I & II

    Asako et ses deux amours

     

    ASAKO I & II (寝ても覚めても NETEMO SAMETEMO, 2018) - Ryusuke Hamaguchi

    A travers son absurde histoire de sosie, le nouveau film de Ryusuke Hamaguchi suit, entre cruauté et légèreté, les variations amoureuses vécues par son héroïne. Après le profond Happy Hour, le cinéaste japonais signe un film charmant en apparence, mais d'une vertigineuse complexité.

    Lire la suite

  • Top Cinéma 2018

    TOP TEN 2018
     
    Si cette année fut riche en événements pour ma part, et si le temps ne me fut guère laissée pour remplir les colonnes de ce blog, la fibre cinéphile a tout de même résisté aux changements. Si j'ai certes vus moins de films qu'à l'habituelle, j'ai à mon actif une bonne centaine d'oeuvres visionnées en salles, ce qui permet de proposer le traditionnel top de l'année.
    Constatons que cette année fut très belle sur le continent américain comme asiatique. D'une part, l'on eut le plaisir de découvrir de beaux films indépendants très sensibles, souvent signés par de jeunes réalisatrices, comme de faire face au renouvellement de cinéastes confirmés (Andersen, McDonagh, Spielberg...). De l'autre côté du blog, le Japon ne fut pas en reste avec sa Palme d'or, mais aussi la venue d'anciennes comme de nouvelles têtes*. L'animation japonaise fut cependant en deçà des réussites, avec plusieurs films inégaux et décevants - la sortie du virevoltant Penguin Highway y remédiera peut-être l'an prochain. Côté Chine, il faut souligner l'original Une Pluie sans fin et les dernières oeuvres de Wang Bing. La Corée fut dominée par l'une des plus grandes injustices cannoises de ces dernières années, le sidérant Burning, nouveau chef d'oeuvre de Lee Chang-dong.
    (*le film Senses ne fut pas intégré dans le compte-rendu de cette année puisqu'il a déjà été intégré dans le top 2017. Il n'en reste pas moins l'un des films japonais les plus impressionnants de l'année)
     
     
    Merci aux quelques visiteurs de ce blog ainsi qu'aux internautes qui me suivent et me commentent sur les réseaux sociaux.
    Bonne année 2019 à tous !
     
     

    Lire la suite

  • Les Cendres du temps

    Déserter. Désaxer. Dessiner.

     

    LES CENDRES DU TEMPS (DUNG CHE SAI DUK 東邪西毒, 1994) - Wong Kar-wai

    Adaptation libre d'un roman de wuxia, Les Cendres du temps éclate, que dis-je, explose de modernité. Parmi les nombreuses belles œuvres que j'ai pu découvrir du maître hongkongais, Les Cendres du temps fut la plus surprenante et la plus jusqu’au-boutiste dans l'exploration du style de Wong Kar-wai.

    Lire la suite