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Cinéma chinois

  • Les Cendres du temps

    Déserter. Désaxer. Dessiner.

     

    LES CENDRES DU TEMPS (DUNG CHE SAI DUK 東邪西毒, 1994) - Wong Kar-wai

    Adaptation libre d'un roman de wuxia, Les Cendres du temps éclate, que dis-je, explose de modernité. Parmi les nombreuses belles œuvres que j'ai pu découvrir du maître hongkongais, Les Cendres du temps fut la plus surprenante et la plus jusqu’au-boutiste dans l'exploration du style de Wong Kar-wai.

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  • Happy Together

    Are Happy Days Here Again ?

     

    HAPPY TOGETHER (春光乍洩, CHEUN GWONG TSA SIT, 1997) - Wong Kar-wai

    Parce qu’il a marqué à jamais les histoires d’amour homosexuelles à l’écran, Happy Together apparaît d’abord comme l’oeuvre matricielle attendue. Ses partis pris esthétiques, sa représentation de deux jeunes homosexuels, la brutalité de son montage ont tant inspirés qu’ils semblent, sous l’oeil du XXIème siècle, presque banals.

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  • Nos Années sauvages

    Brouillons de couples à l'aube du Kar-wai-verse

     

    NOS ANNEES SAUVAGES (A Fei jing juen阿飛正傳, 1990) – Wong Kar-wai

    Triangles amoureux, déambulations dans les rues, danses suaves sous la chaleur d'un appartement, ce second long-métrage de Wong Kar-wai pose les premières pierres de son « verse », de son univers tour-à-tour romantique et âpre. Avant l'alter ego Tony Leung, Leslie Cheung incarne le représentant des hommes fatals du cinéaste hongkongais.

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  • Office

    Singing, sinking in the money

     

    OFFICE (HUA LI SHANG BAN ZU) - Johnnie To

    Une satire grinçante sur la crise financière en forme de comédie musicale et en 3D, le projet de Johnnie To avait de quoi faire tourner de la tête. Et laissait imaginer un violent drame vertigineux qui ferait date dans la filmographie du cinéaste hongkongais. Mais… Le coup d’éclat promis n’est pas là ; à la place ce film élégant mais inégal, dont la dimension tragique se révèle plutôt superficielle.

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  • I am not Madame Bovary

    Sortir de son histoire

     

    I AM NOT MADAME BOVARY (WO BUSHI PAN JINLIAN) - Feng Xiaogang


    I am not Madame Bovary est le premier film de Feng Xiaogang qui arrive sur nos écrans. Il réveille le souvenir du dernier opus de Jia Zhangke, Au-delà des montagnes : ambitieuse relecture de petits destins par-delà les temps, embrassade du passé comme du présent, changements de formats au rythme des métamorphoses internes du personnage… Mais I am not Madame Bovary impose un écrin unique, celui de cette forme circulaire empruntée à la peinture miniature.

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  • Behemoth

    L'enfer aseptisé

     

    BEHEMOTH – Zhang Liao

    Découvert au Forum des Images, Behemoth révèle un pan du documentaire chinois loin de l'immersion et de la description minutieuse. Le travail du méconnu Zhang Liao rejoint le sens plastique et elliptique d'un Jia Zhangke – dont il est par ailleurs l'ami – tout en projetant dans un bouillonnement des sens.

    Si Wang Bing se perfectionne dans l'art de l'approche et d'une souplesse cinématographique au plus près des corps et des murs, Zhang Liao opte pour le chemin inverse, pour la composition cadrée, pour la mise en scène non spontanée mais soumise à l'organisation, l'équilibre, la symétrie. Pourtant les deux s'emparent des mêmes sujets, proches d'ouvriers ou de paysans, et surtout au cœur des paysages les plus écrasants, entre larges montagnes et carrières. De même, les deux ont le sens d'un portrait écartant toute explication, privilégiant l'image, sa lente assimilation, sur tout commentaire ou texte descriptif.

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  • Kaili Blues

    Une jeunesse qui se perd... Un film qui se perd

     

    KAILI BLUES – Bi Gan

    Trois semaines avant la sortie du bien plus délicat Mekong Stories, la presse française s'est ruée sur ce premier film chinois, propulsé comme le renouveau asiatique. Si nos salles aspirent en effet à des créations cinématographiques autres que celles des chefs de file habituels – mais eux-même subissent de plus en plus les difficultés de la distribution – l'engouement à propos de Kaili Blues demeure quelque peu surprenant et réellement abusif. Le film de Bi Gan est certes intriguant, mais il abonde aussi de nombreux défauts et n'est pas à l'abri de tics typiques à la production asiatique des dernières années. N'y voyons pas du recyclage mais plutôt une réelle incapacité à incarner le trouble de son personnage principal.

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  • Les Anges déchus

    L'image révoltée comme les personnages

    LES ANGES DECHUS (FALLEN ANGELS, 1996) – Wong Kar-wai

    C'est un film sur des personnages désaxés, au bord de l'implosion, au bord de la crise, tous marqués par un souci de communication avec le monde extérieur. Le coup de force d'un de ces premiers films du célèbre réalisateur hong-kongais est de nous faire basculer directement dans l'esprit de ses personnages : le visuel et l’esthétique si vertigineux du cinéaste prolongent ici l'état d'esprit de ses personnages. Habilement, les affres de chacun emplissent l'écran les unes après les autres, dans une folle succession d'images détournées, désaxées, déchues de tout caractère réaliste. L'utilisation fréquente et presque provocatrice du grand angle à tous les plans fait que l'écran semble se tordre comme une feuille de papier sans cesse pliée dans tous les sens, à l'image de ce bouillonnement intérieur que vivent les protagonistes.

     

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  • Mountains May Depart

    Take Care

     

    AU-DELA DES MONTAGNES (SHAN HE GU REN) – Jia Zhangke

     

    En revoyant Au-delà des montagnes, que j'avais préalablement découvert à Cannes en mai, ce ne fut pas l'émotion de la première projection mais l'étrangeté du film de Jia Zhangke qui me frappa. Car là se tient un cinéma de l'au-delà, une proposition nouvelle, déstabilisante par son rythme, ses choix narratifs, posant des protagonistes aux choix déconcertants, se permettant d'audacieuses ellipses ou des résolutions atypiques. Le cinéma de la contemplation et du paysage de Zhangke subsiste mais est néanmoins soumis à une métamorphose. Sous nos yeux, les images s'inondent de la souplesse numérique, les couleurs se parent d'un autre étalonnage, celui d'un autre millénaire. C'est la mutation du cinéaste chinois, sa soudaine clairvoyance sur le monde qui empreint les chemins de ce mélodrame à six personnages, trois temps, deux chansons.

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  • A Touch of Zen

    Moderne et romanesque

    A TOUCH OF ZEN (HSIA NU, 1969) – King Hu

    Fleuron du wu xia pian – film de sabre – A Touch of Zen tire paradoxalement son charme de la rareté, bien dosée, de ses scènes d'action. A l'inverse d'un Chang Cheh étalant des combats épuisant ses héros jusqu'au martyr, King Hu préfère le romanesque, le suspense et le fantastique empreint de religion – principalement à caractère bouddhique, évidemment.

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