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mirabelle-cerisier 金の桜 - Page 28

  • Nasu - Un été andalou

    NASU - UN ETE ANDALOU

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    Comment obtenir la meilleure combinaison cosmopolite dans un film ? Nasu remplit aisément cette condition, étant, sous l'égide des studios Madhouse, le premier film d'animation consacré au cyclisme, ce sport bien occidental, et se déroulant en Andalousie, le tout marqué par une réalisation japonaise. Oui, bien avant nos françaises Triplettes de Belleville (Sylvain Chomet), les célèbres studios japonais avaient déjà créé un film d'animation consacré au vélo et à son esprit compétitif forcené.

    Durant un peu plus d'une heure, le film est présenté sur la jaquette comme une collaboration studios Ghibli-Madhouse productions, Hayao Miyazaki faisant figure d'être l'initiateur de ce projet. Affirmation un peu poussée de la part de l'éditeur DVD, les studios Ghibli n'étant pas présents dans le générique final... On reconnaît au contraire plutôt la patte des studios Madhouse à travers le choix de personnages déjà adultes, et d'un graphisme plutôt décapant qu'allant dans le sens de l'harmonie de chez Ghibli.

    Le film respecte la durée d'une étape d'un Tour compétitif, où le cycliste Peppe doit traversernasu.jpg les landes perverses car désertiques de son pays natal, l'Andalousie, le jour où son frère se marie. A travers ce postulat sont dressés les deux thèmes principaux du film, à savoir le sens de la patrie et de la fratrie. Si l'action se passe en Andalousie, il se retrouve ce goût de la terre natale, des champs cultivés et d'anciennes traditions culinaires de la région, phase écologique que l'on peut difficilement soustraire à la majorité des films d'animation japonais. C'est peut-être à ce niveau que l'on retrouve le plus l'esprit de Miyazaki. Nasu donne une couleur dynamique à l'Andalousie, porté par les chansons typiques, les panoramiques sur les paysages, l'excentricité de ses habitants (tel l'oncle, un cas typique aussi agaçant qu'attachant), le symbole du taureau qui vient fournir de l'ombre au cycliste harassé.

    Ensuite, agit le second thème, à savoir le trajet initiatique de Peppe, qui voit dans cette étape un
    défi, une manière de surpasser son frère qui se marie avec celle qu'il aimait. Peppe compense la perte affective par le gain de la course, mais se rend vite compte de la différence énorme entre les deux, sa victoire n'étant que le reflet de la désillusion. Là aussi, malgré l'écart géographique se retrouve une conception du temps typique au cinéma japonais, car « cyclique » dans ce film sur le cyclisme. Peppe revient sur les souvenirs de son passé, tout comme il traverse emblématiquement sa terre natale.

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    On peut regretter la trop grande sagesse du film, qui ne dure qu'une heure et développe peu lethème du vélo à travers l'animation. L'opposition très virile entre les sportifs est bien mise en avant, amis c'est seulement sur la fin de la course que Nasu se permet quelques libertés dans l'animation, les cyclistes se transformant en monstres déformés lors du sprint ultime. Nasu est ainsi un agréable film, teinté d'une légère nostalgie et d'une légère, trop légère, excentricité. Il aurait été bien de voir craqueler un peu les limites de cette Andalousie sereine. 

  • Pandora Hearts

    PANDORA HEARTS – Jun Mochizuki

     

    Pandora.Hearts.504503 - copie.jpgJe voulais parler de ce manga depuis longtemps, d’autant plus le huitième tome vient de paraître en librairie (toujours ce paradoxe entre le succès croissant de la bande dessinée japonaise dans notre pays et une publication française rare). Pandora Hearts de Jun Mochizuki est une version revisitée du mythique Alice aux Pays des Merveilles de Lewis Carroll, qui inspire également de nombreux autres mangas. Mais, et c’est ce qui fait le talent de cette série, l’auteure ne s’en tient pas à une vision moderne ou parodiée des figures du roman. Elle en utilise juste les codes pour mieux les assortir à son récit et à son propos, bien éloignés du questionnement d’Alice.

    « Là-bas, tout n'était que ténèbres »

     Oz Vessalius est l'héritier de la famille Vessalius, l'une des familles appartenant aux quatre duchés. A 15 ans, il doit passer une cérémonie de passage à l'âge adulte. Un événement pendant cette cérémonie l'entrainera dans un monde sombre et confus : un monde parallèle connu sous le nom d'Abysse, sorte de Pays des Merveilles horrifique. Il y rencontrera Alice, figure tyrannique à la recherche de ses souvenirs perdus. Derrière cette rencontre, une foule d'événements et de personnages vont s'introduire peu à peu, tous connectés par les événements mystiques et à la recherche de la vérité.

    Fragmentation et souvenirs

    A travers le merveilleux royal de Pandora Hearts se retrouvent des thèmes bien typiques à la culturePandora Hearts Echecs - copie.jpg japonaise, notamment la question du passé et de la mémoire, qui hante chaque protagoniste. Le récit brasse avec un certain lyrisme l’action aux réflexions psychologiques des héros, les intrigues politiques au mystère des souvenirs morcelés d’Alice. Un fort symbolisme romantique agit tout au long des chapitres, tels les topoï de la rose, de la montre à gousset, de la mélodie familière, des jardins secrets, des évanescentes du passé… L’atout de Pandora Hearts est son scénario jouant sur la fragmentation, à l’image de la mémoire morcelée et incomplète d’Alice. Le mystère s’épaissit et se complexifie au fur et à mesure des chapitres, les indices étant délivrés par fragments, suggestions, visions fugitives sur le papier. L’ambiance joue aussi une importance capitale dans cette histoire, bardée de romantisme, d’onirisme envoûtant. Le trait est gracile et élégant, le découpage aéré et agréable, à la fois dépouillé et voluptueux lors des scènes de souvenirs, ou torturé et angoissant lors des introspections intérieures. Paradoxalement, si le mystère s’étoffe au fil des chapitres, le lecteur reste accroché, et le suspense se fait plus prenant, tout agissant sur la suggestion ou le souvenir, donc entretenant un doute constant jusqu’à ménager de grands moments dé révélation flamboyant. Il est ainsi assez plaisant de lire ce manga qui, loin des actions survoltées et grotesques de certains autres, laisse sa place à l’imagination du lecteur, grâce à son lyrisme empli de mystère et d’intrigues.

    Ambivalence

    Pandora Hearts Bonds - copie.jpgLes personnages du manga s’avèrent assez bien nuancés, échappant à de nombreux lieux communs typiques des protagonistes de ce genre. Chacun se retrouvera en proie au doute selon les situations. Le personnage principal, Oz, jeune garçon volatile, gai comme un pinson et ayant un certain sens de l’opportunisme, révélera sa solitude par la suite. Alice, figure féminine très forte et tyrannique, oscille en permanence entre son côté féroce et la beauté de sa franchise. Gil, serviteur d’Oz, verra sa dévotion à son maître remise en cause par tous les autres protagonistes. Sharon, figure de jeune fille passionnée, révèle une sagesse infinie. Break, un des personnages les plus populaires de la série au Japon, est une sorte de Chapelier Fou charmant et inquiétant, tentant de dominer les situations par son comportement cynique. Mais un autre personnage me semble le plus tragique et complexe, c'est celui, empreint d'héroïsme, d'Eliot Nightray, sorte d'incarnation nostalgique de certaines valeurs perdues comme l'honneur, la fierté du nom, le sens chevaleresque et de l'amitié. Ce personnage, dont l'apparition semble hasardeuse au début, se connecte progressivement à l'immense toile d'araignée qu'est l'intrigue de la tragédie de Sabrié (événement mystique et apocalyptique autour duquel planent tous les souvenirs disparus), et se retrouve précipité dans un destin tragique avec son serviteur Leo, par ailleurs lui aussi un personnage très ambivalent.

    Romantisme et tragique

    Dans Pandora hearts, à l'instar de Nabari No Ou, l'ennui est rare, du fait de l'ambiance envoûtante, chaquePandora roses - copie.jpg page étant une délectation des yeux, les illustrations peintes de l'auteur étant particulièrement belles. Les personnages sont de plus tous attachants, car tous mystérieux et échappant aux habituels lieux communs des héros typés de nombreux mangas. Au fil des chapitres, la dimension tragique s'intensifie, et certains passages s'assimilent à une véritable catharsis visuelle. Jun Mochizuki réussit à imprimer visuellement, par des découpages parfois violents et un travail typographique brutalisé (mais loin de tomber dans le gore ou l'horrifique, c'est là toute la qualité de son oeuvre qui conserve en permanence une certaine élégance) la torpeur psychologique de ses personnages, souvent dans l'incompréhension face à l'immensité de ce qui les dépasse. Difficile de comprendre, dans ces passages, quel est le véritable objet de leur peur, le mystère confinant parfois jusqu'à l'abstraction, et pourtant, l'impression s'en retrouve fortifiée et intensifiée, déchirante et troublante.

    Pandora Hearts de Jun Mochizuki fait parti, à mon sens, avec Nabari No Ou, des meilleurs mangas dans le paysage adolescent actuel. Le talent de la jeune auteure ne cesse d'évoluer au fil des tomes (14 en ce moment sont déjà parus au japon, mais le final semble s'approcher), qui amènent à des sommets d'émotion et de tension. Une première série très prometteuse, par sa sincérité et son style affirmé.

  • Detective Dee

    DETECTIVE DEE ET LE MYSTERE DE LA FLAMME FANTOME - Tsui Hark

     

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    Tsui Hark était assurément à l'honneur durant le mois de mai, son dernier film figurant à la fois sur les couvertures pourtant souvent rivales de Positif et Cahiers du Cinéma. Detective Dee y est présenté comme son grand retour. Difficile pour moi de juger si ce film annonce vraiment le come-back du réalisateur, connaissant très peu sa filmographie et ce genre cinématographique en vogue en Chine, toujours est-il que ce succès d'une aventure épique et historique s'avère compréhensible, Detective Dee étant un film efficace dans ses intentions et sa réalisation tout à fait honorables.

    deeimpé.jpgHistoire et divertissement

    Tsui Hark reprend ainsi le personnage historique du juge Ti, ou Dee pour le prononcer à l'anglaise, celui-là même qui inspire les actuels polars de Frédéric Lenormand, les Nouvelles enquêtes du juge Ti. Le film se fixe deux objectifs : rester fidèle aux enjeux historiques de l'époque, et livre un divertissement complet, autant sur un plan visuel époustouflant que sonore. Quoi de mieux que cette intrigue politique pour permettre de mettre à nu les dissensions au sein de l'Empire, entre les peuples qui critiquent la nouvelle Reine, les clans ennemis et les conspirations contre le pouvoir. La reconstitution est de taille, ayant recours à des effets spéciaux visuels parfois trop artificiels ou tape-à-l'oeil mais non moins impressionnants.

     

    Retour aux légendes

    Chorégraphies et décors se prêtent au jeu d'une action « flamboyante », parce qu'elle tournedeeaction.jpg autour du thème du feu, mais rejoint aussi une gamme de couleurs chaudes propres à l'Impératrice. Doré des costumes, rouge des capes qui claquent, orange des bannières qui volent. Tout un imaginaire chinois est retrouvé dans ce film, à travers une intrigue inexplicable et des phénomènes mystiques peu à peu supplantés par l'explication scientifique (les corps qui brûlent, l'apparition du prêtre sous forme d'un cerf). Ceci rappelle la méthode de Sherlock Holmes. Cependant, si le scénario du film de Guy Ritchie était d'une simplicité et d'un conventionnalisme déconcertants, Détective Dee réussit à captiver. Car le protagoniste principal n’est pas le seul à tendre ses efforts vers la résolution. D'autres, motivés par diverses raisons, font preuve d'autant intelligence et ruse, émettent des hypothèses, devancent le détective ou entravent son parcours. Le personnage de l'albinos (qui a par ailleurs conquis pas mal de cœurs féminins à la sortie du film...) en est l'exemple, dont la quête est aussi passionnante que celle de Dee. Ce dernier suit ainsi un parcours tortueux avant d'accéder à la vérité, dérouté par de multiples rebondissements, attaques, ou entraîné par de fausses pistes (celle du poison dans la gourde, explication qui semble évidente de prime abord, sertie par de gros plans trompeurs sur l'objet)

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    deelau.jpgDee

    Notre cher détective, interprété par un Andrew Lau toujours au mieux de sa forme, voit ainsi son intelligence mise à l'épreuve. Ce n'est pas seulement l'enquête qui met à mal son esprit, mais bien plus les pressions politiques qui s'exercent des deux côtés, entre l'Impératrice autoritaire et les clans ennemis qui lui reprochent de la servir. Or, et c'est sur ce point que Détective Dee doit son brio, tout le film tend à démontrer l'apolitisme du personnage, qui se veut au service de l'enquête et non du parti. Dee est tiraillé par le doute vis à vis de cette question, tente d'échapper au choix et se présente ainsi comme un véritable détective, marginal et indépendant, et non plus comme le juge qu'il a été autrefois. Il cherche à échapper à la lutte quasi-féministe engagée par l'Impératrice, ou aux provocations parfois sexistes de ses détracteurs, refuse d'écouter tout prosélytisme et s'accroche au mystère. Au final, la seule solution que trouvera Dee pour échapper à toutes ces pressions, c'est l'isolement dans les Bas-fonds, certes dû au danger du soleil, mais aussi symboliquement lié à son statut d'errance solitaire et détachée de la société.

     

    Enfin, et il faut souligner ce point, les interprétations amènent beaucoup de charme au film,deemystique.jpg d'autant plus que les personnages s'avèrent assez finement travaillés. Une bonne partie des stars de cinéma en Chine sont d'excellents acteurs (contrairement à une bonne pléiade d'acteurs français renommés...). Andrew Lau, l'heureux réalisateur d'Infernal Affairs, incarne le sombre Dee avec classe et sobriété, donnant toujours du charisme à ses personnages. Carina Lau, femme du Tony Leung d'Infernal Affairs, dans le rôle ambiguë de l'Impératrice peu présente à l'écran, réussit à impressionner. Tony Leung Ka Fai (à ne pas confondre avec le mari de Carina Lau...) prête comme toujours son physique sournois au rôle le plus ambivalent. La jolie Li Bingbing ne déçoit pas dans le personnage mi-fragile et mi-menaçant du jeune bras droit de l'Impératrice. Le jeune Chao Deng incarne un albinos charismatique assez inoubliable. 

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  • Pluto

    PLUTO

    Naoki Urasawa & Osamu Tezuka 

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    Merci à mon frère pour m'avoir incitée à lire ce manga !

    Après 20th Century Boys et Monster, deux séries cultes dans le paysage du manga, Naoki Urasawa signe Pluto, dont le scénario est inspiré par une histoire originale écrite par le grand Osamu Tezuka. L'occasion à la fois de souligner la qualité du travail graphique et scénaristique d'Urasawa, tout en rappelant certains défauts qui se trouvent ici heureusement éliminés par l'encadrement « fantomatique » de Tezuka (son fils ayant cédé les droits de « Astro Boy, l'histoire du robot le plus fort du monde » à Urasawa au cours de l'anniversaire de cette figure mythique qu'est le personnage d'Astro Boy).

    En effet, Urasawa choisit à la fois de renouveler l'intrigue en changeant le ton et en approfondissant les personnages, notamment celui de Gesicht, policier robot qui s'avère le fil rouge dans ce thriller robotique, tout en respectant les thèmes chers à Tezuka. Ce policier va enquêter sur une série de meurtres rituels visant à faire disparaître les robots les plus puissants du monde, et ce à travers une mystérieuse mise en scène barbare. On retrouve le talent d'Urasawa pour nous faire partager une intrigue toujours haletante, son découpage simple et son sens du suspense se confirmant dans ce manga. Urasawa a toujours dû son succès à cette habileté dans le rythme de son récit, donnant à chaque chapitre des clés tout en complexifiant sans cesse le problème, et puis captivant le lecteur.

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    Auparavant, on pouvait aisément abandonner les séries d'Urasawa (20th Century Boys, par exemple) du fait de la multitude de rebondissements, la fatigue prenant le pas sur l'intérêt. Avec Pluto, Urasawa se plie à un scénario qu'il réécrit tout en tendant ses efforts vers le final cernant la solitude d'Astro Boy, le robot le plus puissant au monde, et l'apologie des tensions entre humains et robots. Dans le monde futuriste, le jeune robot-garçon, se nommant Atom, était entouré de ses compères Gesicht, Uran, Epsilon ou MontBlanc. L'univers est partagé entre les robots et les humains, un univers installé très simplement par Urasawa, puisque l'on bascule tout de suite dans le vif de l'enquête autour de l'assassinat de Mont Blanc. Contrairement à Tezuka, il y a peu de fantaisie dans ce monde, les décors étant réalistes et rigoureux et les personnages à visages plus ou moins humains.

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    Si Urasawa transforme le style de Tezuka en quelque chose de plus adulte et sobre, il reste fidèle à ses thèmes de prédilection et son sens dramatique. Ainsi, la relation robot-humain est au cœur de ce récit, avec la question de la perfection. Les robots les plus forts au monde ne le sont pas par leurs capacités réflexives ou leur sens du calcul et de leur performance, mais plutôt par leur proximité avec les sentiments humains. Gesicht, Epsilon, Atom... Tous sont des personnages romantiques, ne demandant qu'à se rapprocher de la société humaine. Celle-ci les rejettent au contraire, s'en méfient, ne se rendant pas comte que leur comportement finit per déteindre sur ces robots qui finissent par connaître la solitude, la culpabilité et enfin la haine. L'intelligence de la réflexion (inspirée, selon l'analyse de mon frère, d'Asimov) et la profondeur des personnages permettent à Urasawa d'atteindre un point d'orgue avec ce travail. Terriblement et paradoxalement humains, ces robots vivent des sentiments extrêmes et sont nimbés d'un certain charisme : Gesicht, évidemment, le rigoureux et perfectionniste inspecteur hanté par un traumatisme ; le combattant et digne Hercule ; le pacifiste et généreux Epsilon ; et enfin Atom, cet enfant-robot qui saisit un escargot un jour de pluie sans raison valable, geste prouvant sa proximité avec le réflexe humain.

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    Pluto, tout en étant un thriller haletant et admirablement construit, traite d'une multitude de sentiments et thèmes. On y retrouve les relations entre les robots et les humains, faites de jalousie, de pouvoir, de discrimination et d’ambiguïtés, mais aussi entre les robots et leurs créateurs, tout aussi contrastées. Face à cela, règne entre les robots une certaine solidarité, et ce, quelque soit le rang ou la classification de chacun. Si l'amitié et le soutien peuvent s'instaurer, la destruction peut aussi apparaître. La société, même futuriste, révèle les failles humaines à travers ces personnages de robots qui goûtent peu à peu aux joies de la famille, au deuil de l'ami, à la jouissance du pouvoir, ou à la haine d'autrui. 

  • Kids Return et l'Eté de Kikujiro

    kikujiroaff.jpgNaiveté et ViolenceKidsaff.jpg

    KIDS RETURN

    L'ETE DE KIKUJIRO

    Deux Films de Takeshi Kitano

     

    Kids Return et L'Eté de Kikujiro sont l'occasion de porter un regard sur le cinéma et la conception particulière de Kitano face aux événements qu'il filme, mais aussi sa tendresse et sa cruauté pour l'enfance et l'adolescence, et son sens constant de l'auto-dérision.

     

    Contraste

    L'Eté de Kikujiro est bien évidemment plus fort et plus abouti de Kids Return, qui comporte quelques kidsindiff.jpgmaladresses dans sa construction dramatique. mais tous deux reflètent le goût de Kitano pour l'absurde, et l'expressivité d'une certaine naïveté, voire neutralité, face aux événements les plus graves. C'est le contraste entre la violence et la mollesse, l'injustice et l'inactivité des victimes qui constituent la poésie des films, et se font le miroir de la pudeur japonaise poussée à son extrême. La plupart des personnages sont des frustrés, des incompris et des délaissés, marginaux par leur inadaptation à une société bardée de tabous et paradoxalement, de transgressions incontrôlables. Dans Kids Return, que ce soient les deux jeunes héros ou leurs victimes, tous gardent la même neutralité, et préfèrent se refermer sur leurs propres soucis plutôt que de s'intéresser à l'autre. Les professeurs se lavent les mains face à la délinquance croissante des deux jeunes gens, les parents sont inexistants, la plupart des autres protagonistes se tiennent à distance ou bien s'en tiennent à leur vie personnelle. Dans L'Eté de Kikujiro, le jeune garçon affiche lui aussi une mine boudeuse, silencieux face à tout ce qui lui tombe dessus, que ce soient les reproches de sa grand-mère, les remarques des adultes, la méchanceté gratuite du personnage de Kitano ou même les incitations pédophiles d'un vagabond.

     

    Les Corps

    Ce contraste se retrouve dans tout le cinéma de Kitano, et s'imprime au niveau des performances des acteurs dekikujirokitano.jpg ces deux films. Ils sont ainsi marqués par un jeu permanent de corps figés, et de visages oscillant entre l'expression excessive ou, à l'inverse, l'indifférence. Figures des yakuzas ou des boxeurs entre le ridicule et la terreur dans Kids Return. Les deux jeunes gens font face à eux, indifférents dans le faciès mais ultra-violents dans leurs gestes, brusques et agressifs. Ils brûlent la nouvelle voiture d'un professeur par provocation à sa vantardise. L'un fait face à un chef yakuza imbu de lui-même, à la composition stylée et desservi par les membres de son groupe. L'autre s'oppose à un ancien champion désabusé et alcoolique. Difficile chez Kitano de dissocier le rire des larmes, ses protagonistes étant aussi alarmants qu'amusants. Ainsi, avec L'Eté de Kikujiro, le cinéaste développe sa capacité d'auto-dérision : le regard buté et la voix rauque s'allient à un clignement d'oeil maniaque et à une gestuelle souvent ridicule et gauche, par exemple dans une scène de démonstration de nage hilarante.

     

    Naïveté

    kikujiroburlesq.jpgViolence dans les corps, certes, mais aussi une forme de naïveté dans cet ostentation face aux événements. L'Eté de Kikujiro, malgré la noirceur du propos, se découpe en chapitres tous introduits par des dessins d'enfants, donnant ce côté posé d'un album, d'une chronique d'été basculant dans le surréalisme et la poésie, par exemple avec les séquences de rêve sou la brusque échappée récréative de la fin du film. Ceci agit comme une immersion totale dans un imaginaire, afin d'éviter la mélancolie et la violence à l'enfant. Cette violence qui finira cependant par les rattraper, l'ancien yakuza finissant dans une sanglante bagarre.

     

    Mélancolie

    Les deux films se teintent enfin (et c'est ce qui fait leur beauté) de mélancolie. « Kids return » : rien que le titrekidsdelinquance.jpg traduit le trajet désespéré et inutile des deux jeunes gens, qui perdent toutes leurs illusions et leurs chances à travers leurs parcours, ne finissant plus qu'à s'accrocher aux lambeaux de leur amitié, du temps où ils faisaient les 400 coups au lycée. Ce retour à la case départ est symbolisé par ce vélo où ils tiennent à deux, et cette dynamique et répétitive musique de Joe Hisaishi, qui marque dans ce film la première collaboration avec Kitano. L'Eté de Kikujiro, par ailleurs l'une meilleures compositions musicales du même Hisaishi,suit quant à lui la quête désespérée de l'enfant, pourtant embellie vers la fin, par son échappée burlesque et suréelle. Une tendresse est possible, se dessinant malgré la rupture avec la société ou la cellule familiale. Les exclus et marginalisés, d'une manière ou d'une autre, par un chemin ou un autre, se retrouvent, tout comme ces eux amis d'enfance. Le yakuza et l'enfant vagabondent, sillonnent de manière irrégulière ou illégale les chemins de la vie, boitent comme des aveugles, mettent la pagaille dans les piscines de luxe, volent les repas des autres voyageurs. Kitano joue dans ce film un personnage d'affreux, dont la méchanceté gratuite ne pourra jamais être rattrapée, mais qui trouvera un écho de lui-même dans cet enfant impassible subissant les coups du sort. 

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  • Ouverture

    Une Mirabelle sous les Fleurs de Cerisiers

    Ouverture de ce nouveau blog exclusivement consacré à une passion particulière : celle du cinéma asiatique et de toute une culture avoisinante bien propre à l'état d'esprit de pays tels que le Japon, la Corée ou la Chine. Ce blog est voisin d'un autre, bien plus général sur le cinéma, http://lysao.hautetfort.com/, et se présente de la même façon. Il s'agit de chroniques, critiques, observations d'une petite Lorraine sur des œuvres qui ont capté son attention, des artistes qui font réagir.

     

    Dès lors, cette « mirabelle » (un des fruits bien connu sur la Lorraine) se balade sous les fleurs de cerisier des arbres d'un film de Takeshi Kitano, est emportée par la poésie de Miyazaki, tiraillée par de fascinants films coréens, s'immisce dans les fusillades de Johnny To, et se réfugie dans les pages de Yoko Ogawa ou de Jiro Taniguchi... entre autres.

     

    J'espère ainsi faire partager la richesse artistique et humaine de ces pays et de leurs artistes à travers ce blog !

    Dès lors, voici un aperçu des premiers futurs articles !

     

    En cinéma, des rétrospectives sur :

    -Yasujiro Ozu

    -Takeshi Kitano

    -Satoshi Kon

    -Hayao Miyazaki

    -Hirokazu Kore-eda

    -Lee Chang Dong

    -Bong Joon-ho

    -Wang Xiaoshuai

    -Johnny To

    -Jia Zhanke

     

    En littérature, des articles sur  : Yoko Ogawa, Takeshi Kitano, Lee Chang-dong, Gao Xingjiang, Seicho Matsumoto...

     

    Au niveau des mangas : Pandora Hearts (Jun Mochizuki), Nabari no Ou (Yuhki Kamatani), Pluto (Naoki Urasawa), Kazuya Minekura, Jiro Taniguchi...

     

    Et au niveau de la « Japanimation », pour reprendre ce récent mot-valise  :

    -Nabari no Ou des studios JC Staff

    -Durarara !! et Baccano ! Des studios Brains Base

    -Sword of the stranger de Masahiro Ando

    -Nasu-Un été andalou de Kitaro Kosaka

    -Souvenirs Goutte à Goutte d'Isao Takahata

    -Les Contes de Terremer de Goro Miyazaki